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Contre-indications champignons hallucinogènes et psilocybine

Neurocybine

2/16/20259 min read

La psilocybine, molécule active des champignons et truffes hallucinogènes, fait l’objet de nombreuses études scientifiques démontrant son potentiel thérapeutique, elle n’est cependant pas recommandée pour tout le monde. Certaines contre-indications médicales, psychologiques et médicamenteuses doivent être connues pour évaluer les risques associés à sa consommation.

Cet article, a pour objectif d’informer les profils pour lesquels l’usage de la psilocybine pourrait s’avérer inadapté. Il s’appuie sur des études scientifiques récentes, ainsi que sur nos observations professionnelles.

Cet article est à but informatif et ne remplace en aucun cas un avis médical. Toute décision concernant l’usage de la psilocybine dans ces contextes doit être prise avec l’accompagnement d’un professionnel de santé.

Quels sont les contre-indications médicales de la psilocybine?

Les contre-indications médicales de la psilocybine concernent les situations où sa consommation peut entraîner des complications physiques graves. Bien que la psilocybine soit considérée comme non toxique et non neurotoxique, elle peut provoquer des effets indésirables chez les personnes souffrant de certaines pathologies sous-jacentes. Ces risques ne sont pas liés à une toxicité directe de la substance, mais à ses effets physiologiques sur l’organisme, notamment sur les systèmes cardiovasculaire, nerveux et métabolique.

Troubles cardiovasculaires (Risque élevé)

  • Hypertension artérielle non contrôlée : La psilocybine peut provoquer une élévation rapide de la pression artérielle, augmentant le risque de crise hypertensive, d’AVC ou d’insuffisance cardiaque aiguë.

  • Antécédents d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) : L’augmentation de la fréquence cardiaque sous psilocybine peut réactiver une ischémie (manque d’oxygénation du cœur) et entraîner une rechute d’infarctus.

  • Antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC) : L’élévation de la pression artérielle et la stimulation du système nerveux sympathique peuvent provoquer une récidive d’AVC.

  • Arythmies cardiaques sévères : L’effet stimulant de la psilocybine peut aggraver les troubles du rythme cardiaque, augmentant le risque de tachycardie, de fibrillation ou d’arrêt cardiaque.

Troubles neurologiques (Risque de crise ou de lésions cérébrales)

  • Épilepsie ou antécédents de convulsions : Les substances psychédéliques peuvent altérer l’activité cérébrale et augmenter le risque de crises.

  • Tumeurs cérébrales ou malformations vasculaires : Le risque de complications neurologiques graves (comme des crises ou des hémorragies) peut être accru sous psilocybine.

Troubles hépatiques et rénales (Précautions nécessaires)

  • Insuffisance hépatique : Le foie participe au métabolisme de la psilocine, en la transformant en métabolites éliminés par les reins. Une fonction hépatique altérée peut perturber ce processus.

  • Insuffisance rénale : L’élimination des métabolites de la psilocine se fait principalement par les reins. Une insuffisance rénale peut ralentir leur excrétion.

Grossesse et allaitement

  • Risque pour le développement fœtal : En l’absence de données cliniques suffisantes, la consommation de psilocybine pendant la grossesse est déconseillée.

  • Allaitement : L’impact des métabolites de la psilocybine sur le nourrisson via le lait maternel n’est pas documenté.

Il est recommandé, par principes de précaution, d’éviter toute consommation de substances psychoactives pendant la grossesse et l’allaitement.

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Quels sont les contre-indications psychiatriques de la psilocybine ?

Les contre-indications psychiatriques concernent les profils pour lesquels la consommation de psilocybine pourrait provoquer des effets indésirables graves sur la santé mentale. Bien que la psilocybine fasse l’objet d’études prometteuses pour le traitement de certaines pathologies psychiatriques, elle peut aussi aggraver des troubles sous-jacents.

Les Contre-indications psychiatriques (Risque majeur)

Les contre-indications psychiatriques concernent les troubles mentaux diagnostiqués qui peuvent être fortement aggravés par les effets de la psilocybine. Ces risques sont principalement liés à l’altération des circuits cérébraux impliqués dans la perception, l’humeur et la cognition.

  • Schizophrénie et troubles psychotiques : La psilocybine peut provoquer des épisodes psychotiques aigus et aggraver les symptômes délirants, hallucinatoires ou paranoïaques.

  • Trouble bipolaire : Elle peut déclencher des épisodes maniaques, de l’agitation psychomotrice et une perte de contact avec la réalité.

  • Troubles délirants persistants : Risque d’aggravation des idées délirantes et des troubles de la perception.

  • Dépression sévère avec idées suicidaires non stabilisée : Bien que la psilocybine soit étudiée pour traiter la dépression, elle peut, dans certains cas, exacerber les idées suicidaires.

  • Trouble dissociatif de l’identité (TDI) ou états dissociatifs sévères : Possibilité d’une accentuation des phénomènes de dépersonnalisation ou de déréalisation.

  • Antécédents familiaux de troubles psychiatriques graves (Vigilance accrue) : Une prédisposition génétique aux troubles psychotiques peut représenter un facteur de risque.

Remarque : Les essais cliniques sur la psilocybine excluent systématiquement les patients souffrant de ces troubles.

Les états émotionnels nécessitent une évaluation approfondie avant une expérience psychédélique (Précautions nécessaires)

Certains troubles psychologiques et états émotionnels nécessitent une vigilance particulière et une évaluation approfondie, car ils peuvent rendre l’expérience psychédélique difficilement gérable ou intégrable, voire aggraver ces troubles. Toutefois, ils ne constituent pas une contre-indication absolue. Lorsqu’une séance de psilocybine est bien encadrée et préparée, elle peut offrir une opportunité de transformation profonde.

  • Anxiété sévère ou attaques de panique fréquentes (Précautions nécessaires) : La montée rapide des effets psychédéliques peut provoquer une crise d’angoisse aiguë difficile à contrôler.

  • Syndrome de stress post-traumatique (PTSD) non traité (Précautions nécessaires) :Bien que la psilocybine présente un potentiel remarquable pour le traitement du PTSD, une attention particulière doit être apportée à l'encadrement. L’expérience peut réactiver des souvenirs traumatiques, entraînant une détresse émotionnelle intense, surtout en l'absence d'accompagnement adapté.

  • Épisodes de dissociation ou de déréalisation (Précautions nécessaires) : La psilocybine peut accentuer les sensations de perte de soi ou de déconnexion de la réalité.

  • Troubles de la personnalité (notamment borderline) (Vigilance accrue) : Risque d’intensification des émotions extrêmes et des réactions impulsives.

  • Mauvaise préparation mentale ou absence de cadre sécurisant (Vigilance accrue) : Une intentionnalité négative et une absence de cadre professionnel peuvent transformer l’expérience en un épisode difficile à intégrer.

En conclusion, bien que certains troubles psychiatriques et psychologiques nécessitent une évaluation rigoureuse, ils ne constituent pas toujours une contre-indication absolue. Une préparation adaptée et un encadrement professionnel peuvent atténuer les risques et rendre l’expérience plus sécurisée. Chaque situation doit être examinée avec prudence, en tenant compte des vulnérabilités individuelles.

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Quels sont les contre-indications médicamenteuses et chimiques de la psilocybine ?

Les contre-indications médicamenteuses et chimiques concernent les substances pouvant interagir avec la psilocybine, entraînant des effets indésirables, une inhibition des effets, ou des risques pour la santé. Bien que la psilocybine soit sûre lorsqu’elle est utilisée seule dans un cadre encadré, certaines combinaisons médicamenteuses nécessitent une vigilance particulière.

Antidépresseurs (ISRS, IMAO, ATC).

Contrairement aux idées reçues, l’association de la psilocybine avec des antidépresseurs n’est pas associée à un risque avéré de syndrome sérotoninergique, car la psilocybine n’augmente pas activement les niveaux de sérotonine. Cependant, certaines interactions peuvent altérer l’intensité des effets psychédéliques perçus ou présenter des risques spécifiques selon la classe d’antidépresseur. Il est impératif de consulter son médecin prescripteur avant toute prise de psilocybine. Par ailleurs, la majorité des études cliniques et les centres de retraites excluent systématiquement les participants sous traitement antidépresseur.

  • Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS) (ex. fluoxétine, sertraline, escitalopram) :

    • Inhibition des effets psychédéliques : Confirmées par des études récentes, montrent que même après l’arrêt et le sevrage complet des ISRS, les effets psychédéliques perçus peuvent rester inhibés pendant plusieurs mois (jusqu’à 3 a 6 mois selon les cas), en raison d’une désensibilisation prolongée des récepteurs 5-HT2A. Cette inhibition, souvent inattendue, peut entraîner un sentiment de déception ou de frustration.

  • Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) (ex. : phénelzine, tranylcypromine) :

    Les IMAO inhibent l'enzyme monoamine oxydase-A (MAO-A), responsable de la dégradation de neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine, la noradrénaline, ainsi que de la psilocine, le métabolite actif de la psilocybine. En bloquant cette dégradation, les IMAO augmentent la concentration de ces neurotransmetteurs dans le cerveau, ce qui intensifie et prolonge les effets psychédéliques de la psilocybine. Cette interaction peut provoquer :

    • Une amplification des effets psychédéliques, avec des hallucinations plus intenses, de la confusion et un risque accru de perte de contrôle émotionnel. (Prises ponctuelles associé à la psilocybine)

    • Un risque accru de réactions émotionnelles incontrôlées, telles que des crises d'angoisse aiguës ou des états délirants prolongés.

    Les réactions peuvent être imprévisibles et prolongées.

  • Antidépresseurs tricycliques (ATC) (ex. : amitriptyline, imipramine) :

    • Une potentialisation des effets psychédéliques, avec des hallucinations plus intenses et une expérience plus prononcée, (résultat d'une étude sur l'interaction avec le LSD)

    • Un risque accru de confusion mentale, dû à l'effet anticholinergique des ATC qui peut altérer la cognition, combiné avec les effets psychédéliques de la psilocybine, ce qui peut entraîner une désorientation.

Autres médicaments présentant une contre-indication potentielle

Contre-indications absolues Risque majeur :

  • Lithium (Stabilisateur de l’humeur) : Risque élevé de convulsions, de réactions maniaques et de neurotoxicité. Contre-indication formelle.

  • Tramadol (Opioïde) : Risque important de crises convulsives, même à faible dose.

  • Amphétamines et stimulants (ex. : Adderall) : Risque de tachycardie, psychose aiguë et d’anxiété sévère.

Contre-indications relatives principales :

  • Benzodiazépines (Anxiolytiques) : Atténuent l’intensité de l’expérience psychédélique en bloquant l’excitabilité neuronale. Utilisables uniquement en cas d’urgence comme “trip stopper”.

  • Antipsychotiques (ex. : Olanzapine, Rispéridone) : Neutralisent presque entièrement les effets de la psilocybine en bloquant les récepteurs 5-HT2A.

  • Anticonvulsivants (ex. : Valproate, Lamotrigine) : Réduisent l’intensité des effets psychédéliques mais peuvent limiter le risque de convulsions.

  • Bêtabloquants (ex. : Propranolol) : Masquent les signes physiques de l’angoisse (tachycardie, tremblements), altérant la perception émotionnelle de l’expérience.

  • Antihistaminiques (ex. : Hydroxyzine) : Effet sédatif qui réduit l’intensité et la clarté des visions et de l’introspection.

Autres substances et drogues présentant une contre-indication potentielle

  • Alcool : Accroît la confusion, prolonge la descente difficile et augmente les comportements impulsifs.

  • Cannabis : Amplifie l’anxiété, la paranoïa et peut intensifier les « bad trips ».

  • Stimulants (Cocaïne, Amphétamines) : Risque élevé de tachycardie, d’hypertension et de crise cardiaque, psychose aiguë, paranoïa...

  • Opioïdes (Tramadol, Morphine, Oxycodone) : Risque de convulsions (tramadol) et de dépression respiratoire (morphine).

Les associations de la psilocybine avec ces substances peuvent entraîner des effets imprévisibles, des risques physiques graves, ou des détresses psychologiques aiguës. Elles sont fortement déconseillées, en particulier en dehors d’un cadre médical sécurisé.

La psilocybine agit sur des mécanismes cérébraux complexes, principalement via les récepteurs sérotoninergiques (5-HT2A). Cependant, ses interactions avec d’autres substances restent encore partiellement explorées. De nombreuses synergies neurochimiques peuvent provoquer des réactions imprévisibles, allant de l’inhibition des effets psychédéliques perçus à des complications sévères.

En raison de cette complexité et de l’absence de données suffisantes, il est fortement déconseillé de combiner la psilocybine avec toute autre substance, qu’il s’agisse de médicaments, de drogues, ou d’alcool, sauf sous suivi médical spécialisé ou dans le cadre d’une étude clinique.

FAQ

Quelles sont les principales contre-indications médicales de la psilocybine ?

Les principales contre-indications médicales incluent l’hypertension non contrôlée, les antécédents d’AVC, les arythmies cardiaques sévères, ainsi que l’insuffisance hépatique ou rénale.

Peut-on consommer de la psilocybine avec des troubles psychiatriques ?

Non. La psilocybine est formellement contre-indiquée en cas de schizophrénie, de trouble bipolaire, de trouble dissociatif sévère ou de tout antécédent de psychose, car elle peut aggraver les symptômes et déclencher des épisodes aigus.

Quels médicaments sont incompatibles avec la psilocybine ?

Les médicaments les plus dangereux à associer sont le lithium, le tramadol et les amphétamines, en raison de risques de convulsions et de neurotoxicité. Les antidépresseurs (ISRS, IMAO, ATC) peuvent également altérer ou amplifier les effets de la psilocybine.

La psilocybine peut-elle provoquer un syndrome sérotoninergique avec les antidépresseurs ?
Le risque de syndrome sérotoninergique avec la psilocybine + antidépresseurs , est théorique et non documenté, car la psilocybine agit principalement sur les récepteurs 5-HT2A sans augmenter directement la sérotonine.
Les interactions principales sont :
  • ISRS (fluoxétine, sertraline, escitalopram) : Forte diminution des effets psychédéliques, pouvant persister plusieurs mois après l’arrêt en raison d'une désensibilisation des récepteurs 5-HT2A.

  • IMAO (phénelzine, tranylcypromine) : Amplification possible des effets, mais sans cas documenté de syndrome sérotoninergique.

Peut-on prendre de la psilocybine pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Non. Par principe de précaution, la psilocybine est fortement déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, en raison de l’absence de données sur ses effets sur le fœtus et le nourrisson.

Quels états émotionnels nécessitent une vigilance particulière ?

Les personnes souffrant d’anxiété sévère, de PTSD non traité, de troubles de la personnalité (comme le trouble borderline) ou de tendances dissociatives doivent être encadrées avec prudence.

Peut-on mélanger la psilocybine avec du cannabis ou de l’alcool ?

C’est déconseillé. Le cannabis peut accentuer l’anxiété et provoquer des « bad trips », tandis que l’alcool augmente les risques de comportements impulsifs et complique la descente.

Pourquoi faut-il éviter le lithium avec la psilocybine ?

Le lithium, utilisé comme stabilisateur de l’humeur, présente une interaction dangereuse avec la psilocybine, augmentant fortement le risque de convulsions et de réactions maniaques.

Les benzodiazépines sont-elles compatibles avec la psilocybine ?

Les benzodiazépines atténuent l’intensité des effets psychédéliques. Elles peuvent être utilisées en cas de crise d’angoisse pendant une session mais réduisent la profondeur de l’expérience.

Comment minimiser les risques liés à la psilocybine ?

  • Réaliser une évaluation médicale et psychologique approfondie avant toute expérience.

  • Éviter toute automédication et toute interaction avec des substances.

  • Privilégier un encadrement professionnel dans un cadre sécurisé.

La psilocybine est-elle dangereuse pour le cœur ?

La psilocybine peut provoquer une élévation temporaire de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, mais elle n’est pas toxique pour le cœur. Cependant, elle représente un risque pour les personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires